
Hausse des prix, relations acheteurs fournisseurs, achat durable... Le Médiateur des entreprises sur tous les fronts
Cet article fait partie du dossier :
Commande publique et crise des matières premières
Une nouvelle mission sera confiée au Médiateur des entreprises pour améliorer la prévisibilité des prix des matières premières. Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises, précise les objectifs et la méthode. Et explique en quoi la démarche d’achat durable et de labellisation RFAR, en ces temps de crises, prennent toute leur signification.

A l’occasion des Assises du Bâtiment et des Travaux Publics à Bercy, le 22 septembre, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique a annoncé qu'une nouvelle mission est confiée au Médiateur des entreprises pour améliorer la prévisibilité des prix des matières premières (relire "Marchés de travaux : de nouveaux assouplissements pour les entreprises"). Pierre Pelouzet, Médiateur des entreprises, précise les objectifs et la méthode. Et explique en quoi la démarche d’achat durable et de labellisation RFAR, en ces temps de crises, prennent toute leur signification.
Bruno Le Maire vous confie une nouvelle mission pour améliorer la prévisibilité des prix des matières premières. De quoi s’agit-il ?
Pierre Pelouzet - La flambée des prix des matières premières, qui s’aggrave avec l’évolution du prix de l’énergie, génère de fortes de tensions. Dans ce contexte compliqué pour de nombreux chefs d’entreprise, le dialogue paraît indispensable. Cela tombe bien : c’est au cœur de nos missions ! En échangeant au sein des différents comités que nous animons, nous réfléchissons avec les acteurs concernés pour voir comment étaler de manière équitable ces hausses.
Mais aujourd’hui, les entrepreneurs nous remontent une très forte préoccupation concernant l’imprévisibilité des prix. En effet, ils aimeraient avoir davantage de visibilité pour mieux comprendre les tendances du moment et surtout mieux anticiper les mois qui viennent. Cela leur permettrait éventuellement d’avancer, ou de décaler, un achat.
Mais aujourd’hui, les entrepreneurs nous remontent une très forte préoccupation concernant l’imprévisibilité des prix. En effet, ils aimeraient avoir davantage de visibilité pour mieux comprendre les tendances du moment et surtout mieux anticiper les mois qui viennent. Cela leur permettrait éventuellement d’avancer, ou de décaler, un achat.
Comment allez- vous procéder ?
Pierre Pelouzet - Nous allons rassembler toutes les fédérations professionnelles concernées, principalement dans le secteur du BTP, et tous ceux qui disposent de données, comme par exemple l’INSEE.
L’idée, c’est de bâtir un outil commun permettant d’éclairer les entreprises sur les risques (ou les opportunités !). Cela s’inscrit bien sûr dans le cadre de notre travail avec la filière, que nous menons depuis 18 mois, pour amener les acteurs économiques à mieux échanger entre eux. Beaucoup de données existent au-delà des index…mais elles sont segmentées. Il faudrait pouvoir les rassembler.
L’idée, c’est de bâtir un outil commun permettant d’éclairer les entreprises sur les risques (ou les opportunités !). Cela s’inscrit bien sûr dans le cadre de notre travail avec la filière, que nous menons depuis 18 mois, pour amener les acteurs économiques à mieux échanger entre eux. Beaucoup de données existent au-delà des index…mais elles sont segmentées. Il faudrait pouvoir les rassembler.
Cela s’ajoute à vos autres missions : comment les gérez-vous ? Sont-elles complémentaires ?
Pierre Pelouzet - Nous avons effectivement des missions par filières, qui s’articulent parfaitement avec cette nouvelle mission. Mais toutes s’accomplissent à partir de notre outil de base : le dialogue, dans la transparence et la confiance.
Pour le BTP, nous avons réussi à faire en sorte que tous les acteurs de la filière se parlent, de l’amont, avec les producteurs de matériaux, jusqu’à l’aval, avec les promoteurs immobiliers, notamment, en passant par tous les échelons. Cela n’était jamais arrivé !
Pour le BTP, nous avons réussi à faire en sorte que tous les acteurs de la filière se parlent, de l’amont, avec les producteurs de matériaux, jusqu’à l’aval, avec les promoteurs immobiliers, notamment, en passant par tous les échelons. Cela n’était jamais arrivé !
Où en est la labellisation RFAR ?
Pierre Pelouzet - Cela progresse fort bien ! Nous en sommes à 69 labellisés, ce qui représente une progression formidable, de l’ordre de 30 % chaque année, depuis deux ans. Avec la succession de crises, il y a une prise de conscience de la nécessité pour les entreprises et les acteurs publics, d’être plus responsables. Le label RFAR attire de plus en plus de monde. Le rythme ne devrait pas ralentir.
Les acteurs publics sont moteurs. Olivia Grégoire, alors secrétaire d’État chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable (relire "Achats responsables : un nouveau « parcours fléché »" avait fixé fin 2021 un objectif : couvrir 80 % des achats des ministères d’ici la fin 2022. Nous sommes en bonne voie, avec 55 %. Les trois plus gros acheteurs "ministériels" sont labellisés : le ministère des Armées, l’Education nationale et récemment, le ministère de l’Intérieur en septembre dernier. Et d’autres arrivent !
Les acteurs publics sont moteurs. Olivia Grégoire, alors secrétaire d’État chargée de l'Économie sociale, solidaire et responsable (relire "Achats responsables : un nouveau « parcours fléché »" avait fixé fin 2021 un objectif : couvrir 80 % des achats des ministères d’ici la fin 2022. Nous sommes en bonne voie, avec 55 %. Les trois plus gros acheteurs "ministériels" sont labellisés : le ministère des Armées, l’Education nationale et récemment, le ministère de l’Intérieur en septembre dernier. Et d’autres arrivent !
La promotion de l’achat responsable/durable pâtît-elle de la hausse des prix ?
Pierre Pelouzet -Bien au contraire ! C’est en période de tensions que l’on peut matérialiser sa responsabilité. Je le constate tous les jours : il y a une imprévisibilité, des hausses fortes des prix ... c’est maintenant qu’il faut s’écouter et voir comment, ensemble, pouvoir amortir les chocs. Il faut travailler ensemble. C’est à l’épreuve des faits que les acteurs publics et les entreprises se responsabilisent.
La crise a fait monter le nombre de candidatures au label ainsi que les signatures de la charte RFAR. Elle permet une prise de conscience et une manière de mettre en œuvre ce que nous prônions depuis plusieurs années. La crise favorise les comportements solidaires et responsables.
La crise a fait monter le nombre de candidatures au label ainsi que les signatures de la charte RFAR. Elle permet une prise de conscience et une manière de mettre en œuvre ce que nous prônions depuis plusieurs années. La crise favorise les comportements solidaires et responsables.
Le Médiateur des entreprises est « soutien » des Trophées de la commande publique organisés par achatpublic.com. Pourquoi ?
Pierre Pelouzet - Si l’on veut faire évoluer les comportements, il faut de l’exemplarité. C’est la vertu des Trophées de la Commande publique (lire "Découvrez les nouveaux Trophées de la commande publique !").
C’est même un "coup double" : on montre aux acheteurs publics que tous peuvent faire de l’achat durable ; et on montre à leurs fournisseurs et, de façon générale aux entreprises privées, que si les acteurs publics se lancent, eux aussi peuvent le faire !
C’est même un "coup double" : on montre aux acheteurs publics que tous peuvent faire de l’achat durable ; et on montre à leurs fournisseurs et, de façon générale aux entreprises privées, que si les acteurs publics se lancent, eux aussi peuvent le faire !
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